Perturbation des cycles de l’azote et du phosphore

08/03/2013

Depuis les années 1960, avec le développement de l’agriculture intensive, l'usage des engrais azotés a été multiplié par 9, et celui des engrais phosphorés a triplé. Cette utilisation qu’on peut qualifier d’excessive – et qui est en accélération – a engendré diverses formes de pollution et gravement perturbé les cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, comme le souligne le rapport "Our Nutrient World" publié en février 2013 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

Le rapport met également en lumière le gaspillage de ces précieux nutriments découlant d'un usage abusif : en effet, 80 % de l'azote et entre 25 et 75 % du phosphore épandus ne sont pas utilisés par les plantes et  se dispersent dans le milieu. Le rapport souligne en outre le caractère inégalitaire de la disponibilité de ces nutriments : alors que les pays développés en usent et en abusent, ils font défaut dans certaines régions du monde, notamment en Afrique et en Amérique latine, ce qui entrave la production alimentaire dans ces pays et contribue à la dégradation des sols. Et sans mesures de rationalisation à  l’échelle mondiale, ces tendances devraient encore s’accentuer dans les 50 prochaines années.

"Le débat actuel se concentre sur le CO2 mais ce n'est qu'un aspect de changements plus globaux et complexes qui se produisent dans les cycles biochimiques mondiaux. Il est de plus en plus évident que l'altération des cycles de l'azote et du phosphore représente pour la planète un défi majeur qui n'a pas encore reçu assez d'attention", note l'équipe internationale de scientifiques qui a mené l’étude.

Téléchargez le rapport "Our Nutrient World" sur le site du PNUE.

Version imprimable Page mise à jour le 08/03/2013